De la sidération à la page blanche : billet d’humeur (presque) sans humour

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Aujourd’hui, il faut que j’écrive sans savoir quoi raconter. Ce que la fatigue a de bien sur les personnes comme moi qui cogitent trop, c’est qu’elle vous vide la tête. C’est un peu moins pratique quand on se rend compte qu’on est en plein état de sidération et qu’on a un article à écrire pour son blog.

Alors j’ai tapé « syndrome de la page blanche » sur internet. Wikipédia m’informe qu’on parle aussi de leucosélidophobie (vous mettez bout à bout des mots en grec ancien et paf ça fait des chocapic mots savants, chouette). Ça me donne TROP envie d’essayer.

Alors… « Dirigeant » ça se prononcerait « árchōn » et « qui terrifie », « phoberós ». Phobarchonphobie : la peur des dirigeants qui terrifient. Mouais, je ne suis pas certaine de pouvoir la replacer en soirée celle-là. Dommage, on en aurait bien besoin en ce moment. Attendez je réfléchis. Oh, oh, et alors, « police », ça viendrait de « politia » et on pourrait l’associer avec la mort « Thanatos » et fumer (une clope) kapnízô. Thanatopolitiakapnizophobie : la peur de la police qui tue même quand tu es simplement en train de fumer une clope. Encore un mot compliqué à utiliser.

Il faut croire que je ne suis pas franchement douée pour ça. Et puis, bon, ça résout pas franchement mon problème d’inspiration : ça me rappelle juste que le monde me donne envie de me rouler en boule sous ma couette en écoutant du piano triste.

Humour et politique : le combo qui dérange

La sidération dans laquelle nous plonge le monde actuel, entre violence, absurde et fascisme, sur fond de réchauffement climatique, de massacre et de guerre, est paralysante as fuck. J’ai ENVIE de faire des blagues, je vous jure. Mais je ne sais plus trop où elles sont. Pourtant, politiquement, je ne me nourris quasiment que de ça sur les réseaux. L’humour est devenu une arme politique de premier ordre (O’noun en parlait déjà dans son article sur le militantisme féministe sur les réseaux). Et comme toute contestation, il dérange.

➡️ Au passage, voici ma mini-sélection d’humoristes engagé·e·s :

  • Lou Trotignon et son stand-up d’une justesse de folie sur la transidentité (beaucoup mieux que les Transmusicales pour aborder le sujet en tout cas)
  • Guillaume Meurice et son émission « la dernière » dans laquelle il fait venir des spécialistes parler de leur domaine (ça change des opinions).
  • Akim Omiri et « La riposte » qui propose une émission dans laquelle il commente l’actualité avec un humour grinçant.
  • Swann Périssé et ses spectacles politiques, pour rire à gorge déployée de l’horreur du monde d’aujourd’hui.
Matthias Renault, un immense abruti
La proposition de loi de l’espace : on en rirait bien plus si la transphobie ne tuait pas.

Voilà déjà un joli quarté gagnant. Un jour, j’en ferai peut-être un article à part entière, histoire de développer un peu tout ça, si ça vous intéresse.

Mais bref, revenons à l’humour qui dérange et parlons de Laurent Nuñez qui porte plainte comme il respire contre Pierre-Emmanuel Barré, le jeu de cartes Fachorama etc. Dramalibre, bientôt, peut-être ? On est plus sûr·e·s de rien, la fame est à notre porte. Fournissez notre cagnotte au cas où s’il vous plaît, il se peut qu’on ait besoin bientôt de liquidités pour faire face à une énième procédure bâillon. Bon OK, je nous donne probablement un peu trop d’importance. Mais on ne sait tellement plus du tout sur quel pied danser que tout paraît envisageable. « Et c’est là, les enfants, que Dramalibre est devenu célèbre grâce à Laurent Nuñez et à l’effet Streisand ! Bon maintenant, passe-moi une orange Adèle steuplé ».

Résister au milieu du bruit assourdissant du monde

Je crois que l’actualité m’envahit, j’ai du mal à réfléchir, à faire le tri. C’est donc ça, être adulte ? Passer son temps entre peur, colère et consternation ? Pas certaine d’avoir envie d’y souscrire : je refuse de vivre mon existence à travers l’anxiété. Et me focaliser sur ce qui me passionne ? Alors oui, mais est-ce que ce n’est pas une forme de fuite à l’heure actuelle ? Je me pose honnêtement la question. Et puis plus j’y réfléchis, et plus je me dis que c’est OK pour reprendre son souffle. Mais sans oublier la tempête qui gronde fort dehors.

Alors que nous reste-t-il pour ne pas céder ? Le vote ? Oui, trois fois oui, à tous les désabusé·e·s de gauche, je vous en supplie, allez voter pour les municipales. Soyez en colère, vous avez raison, mais laissons-nous une chance de changer les choses institutionnellement : à l’échelle locale cela déterminera si l’argent de nos impôts servira à financer des centres d’accueil ou des bancs anti SDF. Je schématise, mais on n’en est pas si loin. Quoi d’autre ? Diffuser l’information, la vraie ! Lutter contre la désinformation : de soi, des autres (salut CNews !!). Et enfin, cultiver le rire dans sa vie personnelle, pour tenir le coup.

Que devons-nous faire pour survivre ? S’indigner toujours, ne jamais cesser de s’indigner ! Lorsqu’on ne s’indigne plus, on se résigne. Ne faisons pas cela. Mais ne pas oublier non plus de cultiver nos passions, le jeu, l’art… Pour tenir le coup, et retrouver la force de se battre. Bon courage pour 2026, on va y arriver, je veux croire qu’on y trouvera de très belles surprises (biais d’optimisme ?). Et vous, vous tenez le coup ?

sources des articles du blog francophone dramalibre

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SalbeT

SalbeT

Elle est de type passionné : bande-dessinée, animaux, plantes, écologie, inclusivité, santé mentale, cosmologie, musique, féminisme, poterie… Mais son obsession, c'est de jouer aux jeux vidéo indés. Et d'en parler. Et d'écrire dessus. Et de bassiner son entourage avec la dernière pépite qu'elle a testée. En fait, ne la lancez pas sur la question.

3 commentaires

  1. Les Chocapics c’est bon.
    Les humoristes made in France c’est de la merde.
    Si on a rien à dire on ne fait pas un article.
    De rien.
    Bisous.

  2. Les blagues de Toto, c’était quand même mieux avant, comme diraient les boomer (d’ailleurs tu peux aller écouter OK Boomer de Krav Boca).

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