
La magie de Noël : l’argent, la société, et Juliette
Avec l’arrivée des fêtes de fin d’année, je ressens cette injonction à dépenser mon salaire dans du superflu. Des cadeaux (parfois inutiles), une tenue « classe » et des repas beaucoup trop copieux. Avec tout cela, le mois de décembre pousse à ne penser qu’à une chose : l’argent. Le fric, l’oseille, les thunes, le flouse, les pépettes. Tant de mots pour décrire un truc qui nous régit (et nous dépasse) depuis la nuit des temps. En cette période si particulière, qui enchante certain·es et angoisse d’autres : je me questionne sur ma relation à l’argent et à la consommation. La magie de Noël existe-t-elle encore ?
Société de consommation tu nous auras (pas)
Questionnements et hausse des prix
Entre deux likes (et une vérification de mon compte courant), je me questionne. Suis-je une énième « victime », de cette société qui nous amène à surconsommer ? Oui, ça m’arrange bien, la question tournée dans ce sens. OU est-ce que je contribue consciemment à ce système capitaliste que j’aime critiquer ?! Bon, on ne va pas mytho, si on me demande là, tout de suite, « l’argent fait-il le bonheur ? », je dirais que oui, mon bonheur résidant dans le futur achat de cette paire de bottes, repérées sur Vinted. Donc dans cette logique, oui, oui, l’argent fera mon bonheur très prochainement. Aïe, la réponse ne correspond pas vraiment à ce que je défends. MAIS je peux vous jurer que je bosse là-dessus.
Si je reviens à mes débuts en tant qu’adulte indépendante financièrement, en 2020. J’ai vite compris en quelques mois ce que voulait dire « faire ses courses ». Je voyais l’augmentation des prix dans le supermarché en bas de chez moi et ça me faisait moyennement kiffer. Fut un temps où les nouilles à réchauffer coutaient moins de 1€. Le mois de décembre est arrivé avec sa dose de stress : réussir à vivre décemment et payer mes charges fixes, tout en assouvissant les attentes sociales pour laisser agir la magie de Noël.

Le passage à la vie en « province »
Puis j’ai déménagé, j’ai quitté la capitale pour la « province », un lieu ô combien surprenant. Depuis presque 6 ans maintenant, j’ai découvert d’autres problématiques, jusque-là inconnues pour la citadine que j’étais. Personne ne m’avait prévenue que les frais liés à la voiture feraient partie de mes dépenses quotidiennes. Essence, assurance, réparations. Il fallait mettre de côté pour un éventuel problème lié à cet objet (= la voiture), qui m’était indispensable, puisqu’elle me conduisait à ma vie professionnelle et sociale TOUS LES JOURS.
Après les courses rue de Barbès, j’expérimentais donc les petits marchés, les producteurs locaux, les bons plans des grandes surfaces, etc. Et même la possibilité d’aller à la frontière espagnole pour trouver une pièce de viande moins chère qu’en France (mais pas bio).
Consommation moins qualitative, qui ne correspondait toujours pas à l’utopie de mon adolescence, où je me voyais déjà en train de réutiliser mon sac filet chez Naturalia pour y mettre des légumes de saison et sans pesticides. Retour au TooGoodToGo, que je croyais reléguer à mes années étudiantes toulousaines, parce que, oui ma grande, pour continuer à t’acheter tes fringues de surfeuse, fallait revoir tes priorités. Quitte à choisir, je choisissais donc d’être une meuf STYLÉE et « pauvre ».

La magie de Noël change de cap
La France à Macron
Enfin « pauvre ». J’exagère exprès sur le mot parce qu’en vrai je ne le suis pas. J’ai de la chance : je paye un loyer correct, j’ai un job que je kiffe, payé plus que le SMIC (mais moins de 2000 nets/mois). En plus, je sors avec mes copains au moins une fois par semaine. Alors oui, je compte un peu mes sous à la fin du mois, mais sans mentir je suis privilégiée. Punaise (pour rester polie), je pense souvent aux gens qui galèrent, qui ont des enfants, qui sont seuls, qui enchaînent les jobs et les extras pour ne juste pas finir dans le rouge. Je me dis que c’est naze et qu’en plus ce n’est même pas de leur faute. C’est celle du système qui pompe les plus précaires et qui ne se préoccupe même pas des ultrariches (qui même en donnant un peu, vont juste rester « riches », dont worry).

Quand je pense à toutes ces personnes qui ne peuvent se permettre quelques paillettes dans leur vie en cette fin d’année. Celles et ceux pour qui offrir des cadeaux à leurs enfants ou payer la cantine est un réel dilemme. Je me demande vraiment où est la magie de Noël. Alors, quelle est la solution ?! Sans devenir sœur Thérèse, ou l’abbé Pierre (pitié) et tomber dans le pathos, j’ai activé mes méninges pour trouver une solution.
Quel beau cadeau que d’offrir son temps
ABRACADABRA, le monde associatif existe ! Et il regorge de combats à mener. Maraudes, bénévolat, quêtes aides, dons, et j’en passe. Mille et une possibilités de devenir actif pour les autres dans son quotidien. Et devinez quoi ? Il n’y a pas d’attentes derrière, personne pour juger. Et ça nous sort un peu de nos questionnements personnels qui n’intéressent pas grand monde (sauf notre psy, à la rigueur).
En cette période de fêtes de Noël, où les magasins ouvrent leurs portes même le dimanche, on se libère de cette surconsommation, au profit des autres. Parce qu’on se le dise, passé l’enfance, les cadeaux perdent un peu de leur magie, n’est-ce pas ?
On se déleste des listes de cadeaux (qui ressemblent à celles de l’année dernière), et on utilise son temps à des fins utiles et concrètes. Pas besoin d’être politisés, il existe plein d’assos, il y en a pour tous les goûts. Et ça, ça rend la vie un peu plus magique pour beaucoup de personnes, y compris vous. Rendez-vous dans les sources pour trois idées d’associations à soutenir.

Pour finir, je rétablis la vérité : OUI la magie de Noël existe, mais NON elle n’est pas comme dans les téléfilms de TF1. Il ne tient qu’à nous de rendre cette période généreuse et altruiste, en donnant un peu du sien et en n’oubliant pas qu’on fait les choses pour les autres. Peut-être que Mariah Carey était avant-gardiste : All I Want for Christmas is … Youuuuuu (and you and you et tous les YOU).

- Les réflexions de Juliette ;
- La Croix Rouge ;
- Le Secours Populaire ;
- Alda, une association basque indépendante ;
- Image de couverture : Canva ;
- Images et Giphs : Giphy.



